Mon océan de bonheur

 

_KadirouMardi 15 Mars 2016. Je me suis levée plutôt en forme vers 7h. La veille, Anne, notre sage-femme, m’avait dit que tout était prêt sauf toi qui restait bien en haut. J’étais rentrée de mon rendez-vous, sereine, et j’avais décidé de ramasser les feuilles sur la terrasse. C’était une belle journée, le soleil me réchauffait lentement. Les voisins ont dû me prendre pour une folle à me plier en 2 avec ce gros ventre pour attraper les branches mortes du tilleul et à en remplir des pleines brouettes. Mais si tout était prêt, j’avais la conviction qu’il manquait l’essentiel, t’encourager à nous rejoindre. Après le poids de cette culpabilité qui a duré des mois où nous n’étions pas prêts matériellement à t’accueillir, il fallait que je te montre que tu pouvais enfin venir, je t’attendais. Sous ce timide soleil de printemps, je me suis imprégnée par les pivoines flamboyantes qui sortaient de terre à une vitesse vertigineuse, par les rosiers qui croulaient sous les bourgeons, par les amandiers qui s’auréolaient de blanc et par les pâquerettes et leurs belles promesses de jolies couronnes.

J’ai préparé ta sœur pour l’école, un petit tiraillement a commencé à éveiller mon attention. J’ai fait comme si de rien n’était, je l’ai conduite à l’école, je lui ai souri derrière la vitre de sa classe comme tous les jours depuis presque 2 mois et le tiraillement s’est fait plus insistant. Ton Papa était à Bordeaux pour la journée, je l’ai prévenu que quelque chose se passait ou plutôt allait se passait, dans un délai qui restait encore très incertain. Alors je me suis installée chez nous, j’ai préparé mon « cocon de travail », le canapé, des coussins et mon sifflet magique, celui qui devait m’aider à surfer sur la vague pour m’empêcher de me noyer et je me suis répétée le mantra d’Anne à chaque petite vague « je suis un glaçon qui fond ». J’ai fini de remplir nos valises, j’ai préparé le sac de ma grande pour qu’elle aille dormir chez les papi et mamie. Je me suis préparée de quoi grignoter et une grande bouteille d’eau. Et l’aventure a commencé. J’ai encore le mémo dans mon portable, des chiffres pour autant de petites vagues qui ont pris de l’ampleur au fil du temps: 9h40, 10h, 10h20, 10h36, 10h44, 11h05,11h33, 11h44, 11h54,12h05, 12h12, 12h22, 12h26, 12h42, 12h49, 12h58, 13h05, 13h12, 13h21, 13h28, 13h34, 13h44, 13h49, 13h54, 13h58, 14h03, 14h07, 14h13, 14h21, 14h31, 14h36, 14h41, 14h48, 14h54, 14h59, 15h02, 15h09, 15h15, 15h19, 15h22, 15h30, 15h33, 15h40, 15h47…mon fil conducteur. Après je n’ai plus noté, ton Papa était revenu plus tôt, je l’ai appelé quand j’ai senti que tu avais suivi mes encouragements et que tu étais sur le point d’arriver. A 16h30 nous étions à la maternité, cela faisait déjà plus d’une heure que je ne surfais plus et que je me prenais chaque vague en pleine face. A 17h tu étais là…plus de vagues, la dernière avait emporté l’ultime douleur pour laisser place à l’étendue la plus vaste du monde, la contemplation de son propre enfant. C’est ainsi, il y a un an, que nous avons commencé à nous apprivoiser tous les quatre.

Aujourd’hui tu es un grand bébé sur le point de marcher avec un caractère déjà très affirmé. Tu ressembles à ta sœur mais on ne s’y trompe pas, c’est bien toi qui peux partir d’un grand éclat de rire sans fin comme d’une crise de larmes désarmante. Il est à toi ce grand sourire avec tes 10 dents, ton sourire avec les dents du bonheur…je crois bien que cela veut tout dire, non?! Joyeux premier anniversaire mon Kadirou, to be continued

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